Le traitement automatisé des tissus est une étape critique entre la fixation et l’enrobage. Il prépare l’échantillon pour la coupe au microtome en remplaçant l’eau tissulaire par un milieu d’enrobage (paraffine). Ce processus se déroule sur un processeur tissulaire — un instrument qui déplace un panier de cassettes à travers des bains séquentiels de réactifs dans un ordre programmé.
Étapes du Traitement
Le cycle de traitement se compose de quatre phases : déshydratation, éclaircissement, infiltration (le tout à une température contrôlée) et parfois fixation post-traitement. Le déshydratant le plus courant est l’éthanol à concentration graduée — typiquement 70%, 80%, 95% (deux bains) et 100% (deux à trois bains). L’eau résiduelle dans le tissu empêche la pénétration de la paraffine ; une déshydratation complète est donc obligatoire. L’agent éclaircissant (xylène, substituts de xylène ou isopropanol) est miscible à la fois avec l’éthanol et la paraffine fondue, agissant comme un pont chimique. Le xylène est efficace mais toxique ; des substitutes moins toxiques (substituts de xylène à base de limonène) existent. Les bains de paraffine fondue remplacent l’agent éclaircissant et infiltrent le tissu. De nos jours, la paraffine est généralement mélangée à des additifs (DMSO, polymères) pour améliorer l’infiltration et la coupe.
Programmes du Processeur
Les processeurs modernes offrent des programmes réglables : un cycle de routine pour les biopsies et petits spécimens (durée totale ~4-6 heures, une nuit pour les gros spécimens), un cycle rapide pour les biopsies urgentes (1-2 heures, avec des durées de bain raccourcies et des températures plus élevées), et un cycle dédié pour les tissus délicats (tissu cérébral, spécimens décalsifiés, embryons) avec des durées de déshydratation plus longues et des températures plus basses. Le processeur tissulaire fonctionne à température ambiante ou à environ 40°C (certaines étapes peuvent être chauffées à 60°C). La température excessive dégrade la morphologie, provoquant un rétrécissement, un durcissement et un brunissement. La plupart des laboratoires utilisent des durées de traitement nocturnes (~14 heures) pour les gros spécimens chirurgicaux.
Réactifs : Qualité et Rotation
La qualité des réactifs est essentielle. L’éthanol et le xylène doivent être vérifiés quotidiennement pour la contamination par l’eau (turbidité) et changés selon un calendrier fixe. Les réactifs sont souvent organisés en batteries de rotation en entonnoir — le réactif le plus frais entre en dernier, et le réactif le plus contaminé est retiré. Le système de rotation garantit que chaque cassette rencontre un réactif de fraîcheur croissante tout au long du cycle. Les niveaux de paraffine doivent être vérifiés et la qualité de la paraffine surveillée (accumulation de sous-produits de fixation, polymérisation).
Dépannage
Tissu cassant ou difficile à couper — une déshydratation excessive ou des températures de bain de paraffine trop élevées déshydratent trop le tissu et le rendent cassant. Réduire les temps de déshydratation ou la température de la paraffine. L’inverse — un tissu mou ou qui ne durcit pas — indique une déshydratation inadéquate, un éclaircissement incomplet ou une infiltration de paraffine insuffisante.
Trous ou vide dans la coupe — généralement dus à un spécimen trop grand pour la cassette, à une mauvaise orientation de l’échantillon ou à une infiltration incomplète par morcellement. Le tissu adipeux et le sein sont particulièrement difficiles — le tissu adipeux nécessite une déshydratation longue et une infiltration complète.
Eau visible ou trous (trou d’épingle) — une contamination par l’eau dans le xylène ou la paraffine. Vérifier les bains d’éthanol à 100% : s’ils sont contaminés par l’eau, ils ne peuvent pas déshydrater complètement.
Bleuissement ou noircissement du tissu — généralement dû à une fixation inadéquate (petits spécimens qui s’assèchent avant fixation) ou à une interaction entre le formol et certains pigments (mélanine, hémosidérine réagissant avec les déshydratants). Re-fixer les spécimens suspects.
Précipité blanc sur les lames ou dans les cassettes — cristaux de paraffine ou résidus des substituts de xylène. Vérifier les températures, la propreté des bains de paraffine et l’échange de l’agent éclaircissant.
Contrôle Qualité
Le CQ du traitement automatisé des tissus est évalué lors de la coupe au microtome : les rubans de paraffine doivent être complets, sans fissures ni séparation, et les coupes doivent flotter à plat sur le bain d’eau. La persistance de problèmes de coupe liés au traitement nécessite une révision du cycle. La plupart des laboratoires suivent l’achèvement du cycle avec une vérification de la température et une revue des journaux du processeur. Tous les réactifs doivent être identifiés par date de mise en service, et les bains de réactifs (éthanol, xylène, paraffine) sont notés par rotation.