L’hormonothérapie sexuelle englobe les préparations d’œstrogènes, de progestérone et d’androgènes utilisées pour la contraception, le remplacement hormonal et le traitement des affections sensibles aux hormones. Ces médicaments modulent les processus reproducteurs et métaboliques en se liant aux récepteurs nucléaires des hormones stéroïdes. Leur utilisation couvre la gynécologie, l’endocrinologie, l’oncologie et la médecine transgenre, nécessitant un examen attentif des risques et des avantages individuels.
Qu’est-ce que l’hormonothérapie sexuelle ?
L’hormonothérapie sexuelle comprend une large gamme d’hormones synthétiques et bio-identiques utilisées pour compléter, remplacer ou contrarier les stéroïdes sexuels endogènes. Les indications comprennent la contraception, l’hormonothérapie de la ménopause, l’hormonothérapie d’affirmation du genre, le traitement des cancers hormono-sensibles et la gestion d’affections telles que l’endométriose, les fibromes utérins et l’hypogonadisme. Le choix de l’agent, de la dose et de la voie d’administration est individualisé en fonction des objectifs et des contre-indications du traitement.
Classes et mécanismes de médicaments
Les contraceptifs oraux combinés contiennent un œstrogène (éthinylestradiol) et un progestatif, supprimant l’ovulation en inhibant la libération des gonadotrophines. Les contraceptifs progestatifs épaississent la glaire cervicale et modifient la réceptivité de l’endomètre. L’hormonothérapie substitutive (THS) utilise des œstrogènes avec ou sans progestérone pour la gestion des symptômes de la ménopause ; la progestérone est ajoutée chez les femmes dont l’utérus est intact pour prévenir l’hyperplasie de l’endomètre. Les modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM) comprennent le tamoxifène (antagoniste des récepteurs aux œstrogènes dans le tissu mammaire, agoniste dans les os et l’endomètre) et le raloxifène (antagoniste dans le sein et l’endomètre, agoniste dans les os). Les inhibiteurs de l’aromatase (anastrozole, létrozole, exémestane) inhibent la conversion des androgènes en œstrogènes, réduisant ainsi les taux d’œstrogènes circulants chez les femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs. Les androgènes comprennent les préparations de testostérone (gel, patchs, injections, comprimés buccaux) pour l’hypogonadisme masculin. Les antiandrogènes comprennent la spironolactone (antagoniste des récepteurs androgènes et diurétique faible) et le finastéride (inhibiteur de la 5-alpha-réductase bloquant la conversion de la testostérone en dihydrotestostérone).
Utilisations thérapeutiques
Les contraceptifs oraux combinés sont utilisés pour la contraception, la régulation menstruelle, l’acné et la dysménorrhée. Le THS est efficace pour traiter les symptômes vasomoteurs et la prévention de l’atrophie urogénitale à la ménopause. Le tamoxifène est un traitement adjuvant standard pour le cancer du sein à récepteurs hormonaux positifs, tandis que le raloxifène est utilisé pour la prévention de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées présentant un risque élevé de cancer du sein. Les inhibiteurs de l’aromatase constituent le traitement endocrinien de première intention du cancer du sein postménopausique. Le remplacement de la testostérone traite l’hypogonadisme symptomatique. Le finastéride est utilisé dans le traitement de l’hyperplasie bénigne de la prostate et de l’alopécie androgénétique.
Effets indésirables
Les contraceptifs oraux combinés augmentent le risque de thromboembolie veineuse, en particulier chez les fumeuses et les personnes de plus de 35 ans. Le THS comporte également un risque thromboembolique et peut augmenter le risque de cancer du sein en cas de traitement combiné prolongé. Le tamoxifène augmente le risque de cancer de l’endomètre et de thromboembolie veineuse. Les inhibiteurs de l’aromatase provoquent de l’arthralgie, de l’ostéoporose et des fractures. Le traitement à la testostérone peut provoquer une érythrocytose, une apnée du sommeil et une stimulation de la prostate. Le finastéride peut provoquer un dysfonctionnement sexuel et, rarement, un syndrome post-finastéride persistant. La spironolactone provoque une hyperkaliémie, une gynécomastie et des irrégularités menstruelles.
Considérations cliniques clés
Le risque thromboembolique est une considération majeure pour les thérapies contenant des œstrogènes et les SERM. Les bénéfices du THS dépassent généralement les risques lorsqu’il est initié dans les 10 ans suivant le début de la ménopause. Les inhibiteurs de l’aromatase nécessitent une surveillance de la densité osseuse. Le traitement à la testostérone est contre-indiqué chez les hommes atteints d’un cancer de la prostate non traité. La thérapie SERM nécessite une surveillance attentive de l’endomètre. L’évaluation du risque cardiovasculaire devrait guider les décisions de prescription pour toutes les hormonothérapies sexuelles.
Conclusion
L’hormonothérapie sexuelle englobe une gamme diversifiée de médicaments ayant des applications dans la contraception, la gestion de la ménopause, l’oncologie et les déficits hormonaux. Une évaluation individualisée des risques et des bénéfices, une surveillance régulière et des conseils aux patients sur les effets indésirables potentiels sont essentiels pour une utilisation sûre et efficace. Les recherches en cours continuent d’affiner l’index thérapeutique et les indications de ces agents largement prescrits.