La détection et la quantification des organismes génétiquement modifiés (OGM) dans les denrées alimentaires et les aliments pour animaux sont essentielles à la conformité réglementaire, à l’application de l’étiquetage et aux exigences de traçabilité. Les méthodes analytiques doivent être capables de détecter de faibles niveaux de matériel génétiquement modifié, de différencier les événements autorisés et non autorisés et de fournir une quantification précise. La complexité de la matrice alimentaire, la dégradation de l’ADN induite par la transformation et la diversité des événements génétiquement modifiés posent d’importants défis analytiques. La validation de la méthode par le biais d’études interlaboratoires est requise pour l’acceptation réglementaire.
Les méthodes basées sur l’ADN constituent l’approche la plus largement utilisée pour la détection des OGM. La PCR conventionnelle cible des séquences d’ADN spécifiques uniques à l’événement GM et fournit des résultats qualitatifs de présence ou d’absence. La PCR en temps réel (qPCR) utilisant des sondes fluorescentes permet une quantification précise en mesurant l’amplification en temps réel par rapport aux courbes standard. La PCR numérique (dPCR) permet une quantification absolue sans avoir besoin de courbes étalons en divisant l’échantillon en milliers de réactions individuelles. L’amplification isotherme à médiation par boucle (LAMP) offre une détection rapide et déployable sur le terrain sans nécessiter d’équipement de cyclage thermique.
Les méthodes basées sur les protéines détectent les nouvelles protéines exprimées par les événements GM. Le test immuno-enzymatique (ELISA) fournit des résultats quantitatifs en laboratoire en utilisant des anticorps spécifiques à la protéine transgénique. Les bandes à flux latéral (immunostrips) offrent un contrôle qualitatif rapide sur site et sont largement utilisées pour l’inspection des grains aux points de réception et pendant le transport des marchandises. Ces méthodes sont plus efficaces pour les produits agricoles bruts où la protéine cible est intacte, mais la sensibilité diminue considérablement dans les aliments hautement transformés où les protéines sont dénaturées ou dégradées.
Les matériaux de référence sont essentiels à la validation et à la quantification des méthodes. Les matériaux de référence certifiés (CRM) avec des concentrations certifiées de GM sont produits par des instituts tels que l’Institut des matériaux et mesures de référence (IRMM) dans l’UE. Ceux-ci sont utilisés pour calibrer les méthodes analytiques, vérifier l’exactitude des mesures et établir les limites de détection (LOD) et de quantification (LOQ). Les stratégies de détection comprennent le dépistage d’éléments génétiques communs (par exemple, le promoteur CaMV 35S, le terminateur NOS), la détection spécifique à la construction ciblant la jonction entre les éléments et la détection spécifique à l’événement ciblant la jonction unique plante-ADN au niveau du site d’intégration. La détection des OGM est essentielle au respect de l’étiquetage et la réglementation. Les méthodes soutiennent l’évaluation de la sécurité en confirmant la présence ou l’absence de modifications génétiques spécifiques dans les aliments génétiquement modifiés.