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Analyse des Gaz du Sang et Électrophorèse des Protéines Sériques

June 14, 2026

Analyse des Gaz du Sang

L’analyse des gaz du sang artériel (GSA) mesure le pH, la pression partielle d’oxygène (PaO₂), la pression partielle de dioxyde de carbone (PaCO₂), les bicarbonates (HCO₃⁻) et la saturation en oxygène (SaO₂). Elle est essentielle pour évaluer la fonction respiratoire et l’équilibre acido-basique.

Spécimen : sang artériel (généralement de l’artère radiale) collecté dans une seringue héparinée. L’échantillon doit être analysé dans les 30 minutes ou placé sur glace (pour ralentir le métabolisme cellulaire). Les bulles d’air doivent être expulsées immédiatement car l’air ambiant modifie rapidement la PO₂ et la PCO₂.

Paramètres et plages de référence :

  • pH : 7,35–7,45
  • PaCO₂ : 35–45 mmHg
  • PaO₂ : 80–100 mmHg
  • HCO₃⁻ : 22–26 mEq/L
  • Excès de base : −2 à +2 mEq/L
  • SaO₂ : 95–100 %

Interprétation des troubles acido-basiques (approche de Henderson–Hasselbalch) : Le pH est déterminé par le rapport HCO₃⁻ / PaCO₂.

  • Acidose respiratoire : pH bas, PaCO₂ élevée (hypoventilation).
  • Alcalose respiratoire : pH élevé, PaCO₂ basse (hyperventilation).
  • Acidose métabolique : pH bas, HCO₃⁻ bas (acidocétose diabétique, insuffisance rénale, diarrhée).
  • Alcalose métabolique : pH élevé, HCO₃⁻ élevé (vomissements, diurétiques).
  • Compensation : le système opposé (respiratoire ou rénal) s’ajuste pour ramener le pH vers la normale. Examinez la compensation attendue — si la PaCO₂ ou le HCO₃⁻ mesuré diffère de la compensation attendue, un trouble mixte est présent.

Gaz du sang veineux (GSV) : le pH et le HCO₃⁻ sont bien corrélés avec la GSA, mais pas la PaO₂ et la PaCO₂. Le GSV est utilisé lorsque la ponction artérielle est difficile et lorsque seul l’état acido-basique est nécessaire.

Lactate : mesuré sur le même échantillon. Un lactate élevé (>2 mmol/L) indique une hypoxie tissulaire et est un marqueur de la sévérité du sepsis.

Électrophorèse des Protéines Sériques

L’électrophorèse des protéines sériques (EPS) sépare les protéines sériques en fractions basées sur leur mobilité électrophorétique dans un tampon alcalin (pH 8,6). Les protéines sont visualisées par coloration (généralement Amaranth ou Bleu de Coomassie), et le pourcentage relatif de chaque fraction est quantifié par densitométrie.

Les cinq fractions (de l’anode à la cathode) :

  1. Albumine (55–65 %) : le pic le plus grand. Diminuée dans les maladies du foie, le syndrome néphrotique, la malnutrition.
  2. Alpha-1 globuline (2–4 %) : principalement alpha-1-antitrypsine. Diminuée dans le déficit en alpha-1-antitrypsine.
  3. Alpha-2 globuline (7–12 %) : haptoglobine, alpha-2-macroglobuline, céruloplasmine. Augmentée dans l’inflammation.
  4. Bêta globuline (8–15 %) : transferrine, complément C3, bêta-lipoprotéine. Une bande étroite peut indiquer une protéine monoclonale.
  5. Gamma globuline (10–20 %) : immunoglobulines (IgG, IgA, IgM). Augmentation polyclonale dans l’inflammation chronique ; bande monoclonale (protéine M) dans le myélome multiple, la macroglobulinémie de Waldenström, le MGUS.

Détection de la protéine M : un pic étroit et aigu dans la région gamma ou bêta indique une immunoglobuline monoclonale produite par un clone de plasmocytes. La protéine M est confirmée et typée par immunofixation (IFE).

Immunofixation (IFE) : après l’EPS, le sérum est de nouveau électrophorésé, et des anticorps spécifiques contre IgG, IgA, IgM, kappa et lambda sont appliqués. L’IFE identifie la classe de chaîne lourde et le type de chaîne légère de la protéine M. L’IFE est plus sensible que l’EPS et est utilisée pour confirmer et caractériser les gammapathies monoclonales.

Électrophorèse des protéines urinaires : pour détecter les protéines de Bence Jones (chaînes légères libres) dans le myélome multiple. Une collecte d’urine de 24 heures est concentrée et électrophorésée. Les chaînes légères libres apparaissent dans la région gamma ou bêta.